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En plein débat budgétaire et pendant que le gouvernement égrène ses nouvelles mesures d’austérité, Laurent Hénart a avancé la nécessité d’évolutions statutaires majeures dans l’enseignement supérieur. Quelques jours après, l’UMP a présenté son projet pour l’École.

Pour le député, rapporteur spécial de la commission des finances du budget, il s’agirait « à terme, [d’] envisager une réforme du statut de la fonction publique universitaire (sic). En effet, l’autonomie des universités n’est pas conciliable avec le maintien d’un statut contrôlé par l’État ».Reconnaissant implicitement le lien entre, d’une part, l’accroissement du nombre de contractuels chargés de missions d’enseignement et/ou de recherche dans les établissements, et, d’autre part, la fragilité des agents non-titulaires avec la loi LRU, Laurent Hénart propose tout bonnement de sortir l’enseignement supérieur de la fonction publique d’État.

Calquée sur la fonction publique territoriale, la création d’une fonction publique universitaire, adossée aux prérogatives contenues dans la loi LRU, ne garantirait pas la nomination des admis aux concours sur des emplois, creuserait les inégalités entre les établissements, aggraverait les effets délétères de la loi LRU (pouvoir démesuré des présidents, autonomie financière, désengagement de l’État, mise en concurrence…) et éloignerait un peu plus les possibilités de mutation -très difficiles- des enseignants-chercheurs. Le SNESUP rappelle son attachement au statut de la fonction publique d’État, à l’unité du service public d’enseignement supérieur et de recherche.

Dans le même temps, si les visées de la majorité présidentielle n’étaient pas assez explicites, la transposition par l’UMP de mutations concurrentielles de l’enseignement supérieur à l’ensemble du système éducatif est désormais décrite dans son programme pour l’École (30 propositions issues de la « Convention Éducation »). Des chefs d’établissement dotés du pouvoir d’évaluation et de recrutement des enseignants et de son équipe administrative, un nouveau statut pour les enseignants mis en concurrence avec ceux existants, le renforcement de l’autonomie financière des établissements, la mise en concurrence… autant de mesures pour le système éducatif clonées sur celles qui pulvérisent le service public d’ESR.

Ce projet n’épargne pas l’enseignement supérieur et la recherche. La proposition 26 « maintenir le principe du jeune chercheur sans charge d’enseignement » décrit une modification de statut conduisant à la fusion des directeurs de recherche et des professeurs d’Université, tout en maintenant les corps actuels de maitres de conférence et de chargés de recherche. Présentée comme une « revalorisation du corps des professeurs » (sic), outre la méconnaissance totale des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle illustre sa piètre opinion pour les formations et la richesse du lien enseignement-recherche. Dans une vision comptable, c’est l’occasion de contraindre les chercheurs à effectuer des heures d’enseignement.

Le SNESUP voit dans l’ensemble de ces annonces de nouvelles mesures propres à accroître le désengagement de l’État, au détriment de la recherche et de pans entiers de formation… de la société tout entière.

William Charton

SNESUP FSU