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Depuis novembre 2011, la Faculté des Lettres, des Arts et des Huamnités de l’Université de Tunis-La Manouba, est attaquée de façon recurrente par un groupe de salafistes qui mettent en cause les principes fondateurs de l’université tunisienne : mixité, laïcité, réflexion critique dans un espace public neutre. Par des manifestations violentes, des agressions physiques contre le doyen, les enseignants et les étudiants, ce groupe prétend obtenir :

– l’autorisation de porter le tchador dans l’espace universitaire, spécialement au cours des examens;

– l’interdiction, pour les femmes professeurs, d’enseigneer aux étudiants de sexe masculin (et réciproquement, pour les hommes professeurs, vis à vis des étudiantes);

– l’établissement d’une salle de prière dans les locaux de l’université;

Toutes ces revendications sont contraires aux règlements et aux usages en vigueur dans l’université tunisienne depuis sa fondation, sous l’impulsion du président Bourguiba, au moment du retour à l’indépendance.

L’incertitude, voire la confusion qui caractérisent actuellement la situation politique de la Tunisie laissent le champ ouvert à de tels groupes extrémistes: faute d’un soutien gouvernemental unanime, les plaintes du doyen Habib Kazdaghli, soutenu par ses collègues enseignants et par l’ensemble des étudiantes et étudiants, sont reçues par l’administration de la police et par les autorités judiciaires, avec une grande prudence qui confine à l’attentisme.

Le depalcement acutel de la pression des divers groupes islamistes vers le procès intenté au directeur de la télévision qui a diffusé Pérsépolis (film dans lequel la divinité est représentée comme un vieillard) semble n’être qu’un intermède dans leurs offensives répétées contre Tunis La Manouba.

Un simple soutien moral apporté aux professeurs et aux étudiants de cette université peut emporter la conviction des politiques et des administrateurs, dont beaucoup ont été fourmés sous l’égide des principes universitaires de débat pacifique, de laïcité, de mixité.

Pour plus d’informations, pour apporter votre soutien, prenez contact avec

francoise.valensi@noos.fr ou avec marc.fellous@inserm.fr